Capital-transmission : investir dans le Buyout
Tout savoir sur le Buyout : acquérir des entreprises matures grâce à l’effet de levier.
📋 Sommaire
D’ici 2035, 500 000 entreprises devront trouver un repreneur en France. Les fonds de capital-transmission ont investi 17,1 milliards d’euros en 2024 pour répondre à cet enjeu. Découvrez comment accéder à ce segment du private equity qui affiche un TRI net de 14,5% sur 10 ans 1.
⚡ Les points essentiels
- Rendement historique de 14,5% net annuel sur 10 ans 1
- Segment le plus performant du capital-investissement français : cibles rentables et matures
- Dispersion extrême : l’écart entre top et bottom quartile dépasse 26 points de TRI, le choix du gérant est déterminant 1
- Horizon d’investissement : 8-10 ans avec capital bloqué
⚠️ Avertissement réglementaire
Ce guide est purement informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.
- L’investissement en capital-transmission présente un risque de perte en capital
- Les performances passées ne préjugent pas des performances futures
- Les données de performance citées dans cet article proviennent de trois études institutionnelles détaillées dans la section Sources & Méthodologie
D’ici 2035, environ 500 000 entreprises employant 3 millions de salariés devront être cédées en France suite au départ en retraite de leurs dirigeants 4. Les fonds d’investissement en capital-transmission ont investi 17,1 milliards d’euros rien qu’en 2024 5. Un enjeu de taille, et une fenêtre d’investissement que peu de particuliers identifient.
🎯 Qu’est-ce que le capital-transmission exactement ?
Le capital-transmission, c’est d’abord une histoire de timing. Un patron de PME approche de la retraite. Ses enfants ne veulent pas reprendre la boîte. Les cadres n’ont pas les fonds propres. Que faire de cette société qui tourne bien mais qui va se retrouver orpheline ?
C’est là qu’interviennent les fonds de private equity spécialisés. Leur rôle ? Organiser la transmission en douceur, avec un montage financier qui arrange tout le monde. Le dirigeant touche des liquidités, l’entreprise continue son développement, les salariés gardent leur job.
Distinction importante : Le capital-transmission cible des entreprises déjà rentables avec un historique prouvé. C’est le segment le plus performant du capital-investissement français avec un TRI net de 13,6% depuis l’origine, contre 9,0% pour le capital-développement et 6,6% pour le venture & growth 1.
Le capital-transmission vise principalement des sociétés matures ayant atteint un stade de développement avancé. Au sein du capital-investissement français, ce segment représente plus de la moitié des capitaux appelés, environ 100 milliards d’euros sur un total de 190 milliards 1.
⚙️ Le LBO : mécanisme central du capital-transmission
Le mécanisme central, c’est le LBO, Leveraged Buy-Out. En français : rachat avec effet de levier. L’idée est simple. Géniale même.
📊 Principe du LBO en chiffres
L’entreprise génère de la trésorerie, elle rembourse l’emprunt. Cinq ans plus tard, vous revendez. L’effet de levier démultiplie les gains (et les pertes potentielles).
Pourquoi cette structure de financement fonctionne-t-elle si bien ? Parce que les entreprises ciblées par les LBO sont généralement matures et génèrent suffisamment de trésorerie pour rembourser la dette tout en investissant dans leur développement.
🔄 Comment fonctionne concrètement une opération de capital-transmission ?
Phase 1 : L’acquisition (6-12 mois)
Les fonds d’investissement créent une holding d’acquisition. Cette structure emprunte 60-70% du prix auprès des banques, c’est le financement par dette qui caractérise le LBO. Le reste vient des investisseurs du fonds. L’effet de levier commence ici : moins vous mettez de capital propre, plus votre rendement potentiel explose.
Phase 2 : La transformation (3-5 ans)
L’équipe de gestion du fonds prend le contrôle. Pas pour tout casser, non. Pour optimiser. Digitalisation, croissance externe, nouveaux marchés… Les leviers de création de valeur sont multiples.
Exemple illustratif : PME industrielle
Imaginons une PME industrielle rachetée par un fonds spécialisé. Pendant 3 ans, l’équipe de gestion optimise les process de production, digitalise la chaîne logistique et ouvre deux nouveaux marchés export.
Phase 3 : La sortie
Le fonds revend. À un autre fonds d’investissement (LBO secondaire), à un industriel, ou via une introduction en Bourse. C’est là que l’effet de levier fait des miracles.
📊 Exemple illustratif : ETI agroalimentaire
📋 Les différents types de transmission : du MBO au Build-up
Le capital-transmission n’est pas monolithique. Chaque opération de LBO a sa particularité :
| Type d’opération | Principe | Niveau de risque relatif |
|---|---|---|
| MBO (Management Buy-Out) | Équipe dirigeante rachète sa propre société | ✅ Plus faible (continuité managériale) |
| MBI (Management Buy-In) | Managers externes arrivent avec un plan | ⚠️ Modéré (risque d’intégration) |
| OBO (Owner Buy-Out) | Patron reste mais fait entrer un fonds | ✅ Plus faible (alignement fondateur) |
| Build-up | Plateforme + acquisitions en série | ⚠️ Modéré à élevé (risque d’exécution) |
À noter : France Invest ne publie pas de TRI ventilé par type d’opération (MBO, MBI, OBO, Build-up). Le TRI global du capital-transmission depuis l’origine est de 13,6% net, avec un TVPI de 1,59x 1. Les niveaux de risque indiqués ci-dessus sont qualitatifs et reflètent les pratiques de marché.
Exemple illustratif : Stratégie Build-up dans l’édition logicielle
Un fonds rachète un petit éditeur de logiciels comme « plateforme », puis réalise des acquisitions en série pour consolider un marché fragmenté. Ce type de stratégie peut générer des multiples élevés grâce aux synergies et à la création de leaders sectoriels.
Transmission familiale ou externe : quelle approche ?
| Critère | Transmission familiale | Transmission externe |
|---|---|---|
| Culture d’entreprise | ✅ Préservée | ⚠️ Peut évoluer |
| Valorisation pour le cédant | ⚠️ Souvent négociée | ✅ Maximisée |
| Accès à de nouveaux marchés | ⚠️ Limité | ✅ Accéléré |
| Risque de conflits | ❌ Conflits familiaux possibles | ✅ Relations contractuelles |
À savoir : Les conflits familiaux restent une cause fréquente d’échec des transmissions intrafamiliales. Une attention particulière à la communication et à la définition des rôles est essentielle.
💰 Comment investir en capital-transmission quand on est un particulier ?
Pour vous et moi, investir en capital-transmission passe par des véhicules régulés. Les FCPR, FPCI, ELTIF… Des sigles barbares qui cachent une réalité simple : vous confiez votre argent à des pros qui investissent dans des LBO.
Le ticket d’entrée varie fortement selon le véhicule. La plupart des fonds de capital-transmission (FPCI) exigent un minimum de 100 000€, et les fonds les plus réputés démarrent souvent à 200, 300, voire 500k€. Pour les investisseurs qui souhaitent s’exposer avec des montants inférieurs, deux options existent : les ELTIF 2.0 (sans minimum réglementaire depuis la réforme européenne de janvier 2024, le seuil de 10 000€ d’ELTIF 1.0 ayant été supprimé) et les unités de compte en private equity logées dans des contrats d’assurance-vie ou des fonds evergreen, qui proposent des tickets à partir de quelques dizaines de milliers d’euros.
Les principaux véhicules d’accès
| Véhicule | Ticket minimum | Avantage principal |
|---|---|---|
| FPCI en compte-titres | 100k€ à 500k€ selon les fonds | Accès direct aux GP de référence |
| ELTIF 2.0 | Variable (pas de minimum réglementaire) | Cadre européen harmonisé, appels progressifs |
| Assurance-vie (UC PE / evergreen) | Variable (souvent 10k-50k€) | Fiscalité avantageuse après 8 ans, liquidité améliorée |
| PEA-PME | Variable selon le fonds éligible | Exonération IR après 5 ans |
La mécanique pour l’investisseur
📊 Cycle de vie d’un investissement type
Point important : votre capital n’est pas intégralement au travail dès le premier jour. Les appels de fonds s’étalent sur 3 à 5 ans, au rythme des acquisitions. Pendant cette période, le capital non encore appelé reste en trésorerie chez vous. C’est un mécanisme normal, mais il signifie que votre rendement réel sur capital engagé sera légèrement inférieur au TRI affiché (qui se calcule sur le capital appelé).
⚠️ Avertissement AMF (doctrine 2012-12)
L’investissement en private equity présente des caractéristiques spécifiques :
- Risque de perte en capital totale ou partielle
- Illiquidité : capital bloqué pendant 8-10 ans minimum
- Pas de garantie de rendement
- Investissement réservé aux investisseurs avertis
💸 Comprendre les frais : ce que vous payez réellement
Les TRI affichés par France Invest sont nets de tous frais. Mais comprendre leur structure permet de mieux comparer les véhicules entre eux et d’évaluer ce que vous gardez réellement.
📊 Structure de frais type d’un fonds de buyout
Concrètement, sur un fonds qui génère un multiple brut de 2,0x, les frais de gestion et le carried interest ramènent le multiple net à environ 1,6x. C’est précisément ce que reflète le TVPI net de 1,59x observé sur l’ensemble du capital-transmission français 1.
Point de comparaison : Le co-investissement (tickets généralement à partir de 100k€ à 250k€ selon les fonds) supprime les frais de gestion et le carried interest sur la tranche co-investie. C’est l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer le rendement net, au prix d’une concentration du risque sur une seule opération.
📈 Performance, dispersion et risques du capital-transmission
Les données France Invest / EY 1 (données à fin 2024, 1 262 fonds analysés, 185 sociétés de gestion) permettent de mesurer la performance réelle du capital-investissement français :
| Segment | TRI net depuis l’origine | TRI net 10 ans | TRI net 5 ans | TVPI |
|---|---|---|---|---|
| Capital-transmission (Buyout) | 13,6% | 14,5% | 12,3% | 1,59x |
| Infrastructure | 11,5% | 12,2% | 10,1% | 1,37x |
| Véhicules mixtes | 9,3% | 10,2% | 6,1% | 1,54x |
| Capital-développement | 9,0% | 10,2% | 11,9% | 1,40x |
| Venture & Growth | 6,6% | 8,6% | 7,1% | 1,34x |
Source : 1 France Invest / EY, 31e édition, juillet 2025.
Comparaison aux autres classes d’actifs (performance annualisée sur 10 ans)
| Classe d’actifs | Performance 10 ans |
|---|---|
| Capital-investissement (PE global) | 12,4% |
| CAC 40 (dividendes réinvestis, méthode PME) | 8,9% |
| CAC All-Tradable (dividendes réinvestis, PME) | 8,2% |
| Immobilier d’entreprise France | 4,1% |
| Hedge Funds (international) | 2,6% |
Source : 1
La surperformance du PE vs CAC 40 est de +3,5 points par an sur 10 ans, un écart quasi-systématique historiquement 1.
Clé de lecture : Le capital-transmission (buyout) surperforme tous les autres segments du PE français et les marchés cotés. Mais attention : cette performance moyenne masque une dispersion extrême entre les meilleurs et les moins bons fonds.
La dispersion : le facteur n°1 de performance
L’écart entre les meilleurs fonds et les moins bons est colossal. Voici la réalité des quartiles du capital-investissement français :
| Quartile | TRI net moyen | Multiple moyen (TVPI) |
|---|---|---|
| Q1 (top 25%) | 23,5% | 2,3x |
| Q2 | 12,8% | 1,5x |
| Q3 | 7,1% | 1,3x |
| Q4 (bottom 25%) | -2,8% | 0,9x |
Source : 1 Depuis l’origine, par capitaux appelés. L’écart Q1/Q4 dépasse 26 points de TRI.
Chiffre clé : 75% des capitaux réalisent un TRI supérieur à 4,2% et un multiple supérieur à 1,1x. Mais le dernier quartile perd de l’argent en moyenne (-2,8%). Le choix du gérant est le facteur déterminant de votre performance 1.
Les risques du capital-transmission
Les fonds de Private Equity recherchent une rentabilité très élevée, contrepartie des risques inhérents à l’effet de levier. Parlons cash :
⚠️ Les risques majeurs à connaître
La sélection du gérant, risque le plus sous-estimé
- Premier quartile : TRI moyen de 23,5%, multiple de 2,3x 1
- Dernier quartile : TRI moyen de -2,8%, multiple de 0,9x (perte de capital) 1
- L’écart dépasse 26 points de TRI, le choix du fonds détermine l’essentiel de votre performance
Le timing de marché, souvent négligé
- Investissement en haut de cycle = valorisations tendues
- Le TRI 3 ans du PE global est passé à 5,3% (contre 12,4% sur 10 ans), signe du ralentissement post-2022 1
- Les meilleurs millésimes buyout (2015, 2014) affichent des TRI de 19-20%, les moins bons sont nettement en dessous 1
L’illiquidité et l’effet J-curve
- Capital bloqué 8-10 ans minimum
- Forte part de RVPI (valeur non encore réalisée) : 0,86x sur 10 ans vs 0,59x de DPI réalisé 1
- Les 3-4 premières années affichent typiquement des performances négatives (frais sans plus-values)
Capital-transmission vs capital d’amorçage : ne pas confondre
Le capital d’amorçage, c’est l’exact opposé du capital-transmission. On finance des projets en phase de création, pas des entreprises établies.
| Critère | Capital-transmission (Buyout) | Venture & Growth |
|---|---|---|
| Cibles | Entreprises matures et rentables | Startups en création/croissance |
| Effet de levier | ✅ Oui (60-70% de dette) | ❌ Non (trop risqué) |
| TRI net depuis l’origine (France) | 13,6% 1 | 6,6% 1 |
| Multiple (TVPI) | 1,59x 1 | 1,34x 1 |
| Profil risque/rendement | ✅ Régularité relative | ⚠️ Forte dispersion |
🧭 Cas pratique : première exposition au capital-transmission
La théorie, c’est bien. La projection concrète dans un portefeuille, c’est mieux.
Première exposition au capital-transmission
Sophie, 47 ans, directrice financière. Patrimoine global de 1,8 M€ (résidence principale à 650 k€, PEA à 280 k€, assurance-vie fonds euros à 520 k€, liquidités 350 k€). Elle n’a jamais investi en private equity et souhaite diversifier au-delà des marchés cotés.
Allocation envisagée : 150 000€ dans un ELTIF Buyout mid-cap européen. Les appels de fonds sont étalés sur 3 ans (environ 50 k€ par an), ce qui laisse de la trésorerie disponible. Horizon de blocage : 10 ans.
📊 Projection sur la base des multiples historiques
Si l’on part d’une hypothèse de 85% de capital appelé, soit ~128k€ sur 3 ans :
Pourquoi les multiples (TVPI) et pas le TRI ? Le TRI intègre le timing des flux : des distributions précoces gonflent le TRI même si le multiple final est modeste. Pour estimer ce que vous récupérez en euros, le multiple (TVPI) est l’indicateur le plus fiable. Un fonds qui affiche un TVPI de 1,78x vous retourne 1,78€ pour chaque euro appelé, quel que soit le calendrier 1. Attention cependant : le TVPI ne capture pas le coût d’opportunité du capital engagé mais non encore appelé. Pendant les 2-3 premières années, une partie de votre engagement reste en trésorerie, elle ne travaille pas au rendement du fonds. C’est pourquoi nos projections distinguent capital engagé et capital appelé.
⚠️ Précaution de lecture
Ce scénario est pédagogique et ne constitue pas une recommandation d’investissement. Les multiples utilisés reflètent des moyennes historiques (France Invest/EY, données à fin 2024) et ne préjugent en rien des performances futures. Chaque situation patrimoniale est unique et nécessite l’accompagnement d’un conseiller en investissement financier (CIF) agréé.
🔮 Tokenisation et marché secondaire : ce qui change l’accès au PE
En 2024, un fonds mid-cap français a fractionné ses parts via blockchain, permettant à 200 investisseurs de souscrire dès 5 000€ là où le ticket classique démarrait à 100k€. Anecdotique ? Peut-être pas. Deux évolutions structurelles sont en train de redistribuer les cartes de l’accès au capital-investissement.
Certains fonds fractionnent leurs parts via blockchain. Ticket d’entrée potentiellement réduit à quelques milliers d’euros au lieu de 100k€. Liquidité améliorée. L’AMF surveille mais n’interdit pas (pour l’instant).
Le marché secondaire, lui, existe déjà et se développe rapidement. Des plateformes permettent de revendre vos parts de fonds avant terme, généralement avec une décote de 6 à 15% selon les conditions de marché (les portefeuilles buyout se négocient plus près de la NAV que les portefeuilles VC). Le processus prend 3 à 6 mois entre la mise en vente et la finalisation de la cession. C’est loin d’être aussi liquide qu’une action cotée, mais ça offre une porte de sortie qui n’existait pas il y a dix ans.
📌 Points clés à retenir
Le capital-transmission n’est pas un placement universel. L’investisseur type dispose d’un patrimoine financier suffisant pour immobiliser une part de ses actifs pendant une décennie, sans impact sur son train de vie. Il accepte le principe de la J-curve (3-4 premières années en performance négative) et comprend que la sélection du gérant conditionne l’essentiel du résultat.
Pour qui remplit ces conditions, le capital-transmission offre un accès à la performance de l’économie réelle non cotée. Le buyout français affiche un TRI net de 13,6% depuis l’origine et de 14,5% sur 10 ans, avec un TVPI de 1,59x, surperformant le CAC 40 de 3,5 points annuels 1. Les fonds liquidés (millésimes ≥ 2008) affichent même un TRI de 14,1% et un multiple de 1,78x 1. Les entreprises non cotées représentent une part majoritaire de l’économie réelle française, mais restent inaccessibles via la Bourse.
Approche progressive : Une première allocation via un ELTIF ou un FPCI diversifié permet de tester sa tolérance à l’illiquidité. Le capital-transmission se construit dans la durée, idéalement sur 2-3 millésimes successifs pour lisser les effets de cycle. L’alignement d’intérêts avec les équipes de gestion (via le carried interest) constitue un moteur structurel de performance.
Un dernier point : la mise en place prend du temps. Entre la décision et le premier euro investi, comptez 3-6 mois (ouverture compte, souscription, premier appel). Anticiper cette latence fait partie de la démarche.
📎 Sources & Méthodologie
L’ensemble des données de performance citées dans cet article provient de sources institutionnelles de référence. Chaque donnée chiffrée est associée à un numéro renvoyant à la source ci-dessous.
1 France Invest / EY, Marché français
- Titre : Performance nette des acteurs français du capital-investissement, 31e édition
- Publié : Juillet 2025
- Données : À fin 2024
- Périmètre : 1 262 fonds, 185 sociétés de gestion, 190,2 Md€ de capitaux appelés
- Accès : France Invest – Performance nette 2024 (PDF, juillet 2025)
- Données utilisées : TRI par segment, TVPI, DPI, RVPI, quartiles, millésimes, comparaison classes d’actifs
2 Invest Europe / Cambridge Associates, Marché européen
- Titre : Performance of European Private Equity Benchmark Report 2023
- Publié : Juin 2024
- Données : À fin 2023
- Périmètre : ~3 000+ fonds européens, 1 250 Md€ d’AUM
- Accès : investeurope.eu/research
- Données utilisées : Buyout européen since inception, mid-market buyout, VC Europe vs US
3 American Investment Council / Cambridge Associates, Marché américain
- Titre : The Persistence of PE Performance + Performance Update Q3 2024
- Publié : Décembre 2025 / Novembre 2025
- Données : À fin 2024
- Périmètre : 1 661 fonds (PE), $1 600 milliards de valeur
- Accès : investmentcouncil.org/aic-research
- Données utilisées : US PE horizon IRR, buyout US, surperformance vs S&P 500
4 Direction Générale des Entreprises (DGE), Transmission d’entreprises
- Titre : Les enjeux de la transmission d’entreprise en France
- Publié : 2025
- Données utilisées : Estimation de 500 000 entreprises à transmettre d’ici 2035, employant 3 millions de salariés
- Accès : entreprises.gouv.fr
5 France Invest, Rapport d’activité 2024
- Titre : Activité des acteurs français du capital-investissement, Rapport annuel 2024
- Publié : Mars 2025
- Données utilisées : 17,1 milliards d’euros investis en capital-transmission en 2024
- Accès : franceinvest.eu/activite
Limites de comparabilité : Les études utilisent des périmètres, des horizons temporels et des méthodes de calcul différents. Les chiffres France et US sont à fin 2024, l’Europe à fin 2023. Le « buyout » français inclut des transactions plus petites que le buyout US moyen. Les comparaisons avec les marchés cotés utilisent des indices différents (CAC 40, MSCI Europe, Russell 3000). Voir la FAQ comparative pour plus de détails.
Dernière vérification des données : février 2026. Les exemples illustratifs (PME industrielle, ETI agroalimentaire, build-up logiciel) ne sont pas des cas réels mais des scénarios pédagogiques cohérents avec les performances observées. La mise en situation (Sophie) est fictive et ne constitue pas une recommandation d’investissement personnalisée.
🤔 FAQ Détaillée
Les questions essentielles pour maîtriser le capital-transmission
Quelle est la différence entre capital-transmission et une action non cotée classique ?
L’action non cotée simple, vous la détenez en direct, sans aucun effet de levier. En capital-transmission, le montage LBO démultiplie les gains (et les pertes) grâce à l’endettement de la holding d’acquisition. C’est toute la différence : un multiple de 2x sur l’entreprise peut se transformer en multiple de 3-4x pour l’investisseur grâce au levier.
Les fonds étrangers sont-ils accessibles aux investisseurs français ?
Oui, mais attention à la fiscalité. Les fonds américains (Blackstone, KKR) exigent souvent le statut d’investisseur qualifié (>1M€ d’actifs financiers). De plus, le fisc français peut requalifier les gains selon les conventions fiscales applicables. La complexité administrative et fiscale plaide généralement pour rester sur des fonds français ou européens en première approche, quitte à se diversifier géographiquement dans un second temps.
Peut-on co-investir directement dans une opération de LBO ?
À partir de 100k€ à 250k€ selon les fonds, certains GPs proposent du co-investissement. Vous entrez dans le deal aux côtés du fonds d’investissement. Avantage : moins de frais (pas les 2% annuels + 20% de carried). Inconvénient : plus de risques car vous êtes concentré sur une seule cible.
Comment suivre la performance de mon investissement en capital-transmission ?
Les fonds envoient des reportings trimestriels avec trois indicateurs à surveiller en priorité. Le TVPI (Total Value to Paid-In) mesure la valeur totale par rapport au capital appelé : c’est votre « score global ». Le DPI (Distributions to Paid-In) montre les cash flows réellement retournés. Et le RVPI (Residual Value to Paid-In) reflète la valeur estimée des participations encore en portefeuille. À titre de référence, le capital-investissement français toutes stratégies confondues affiche un TVPI de 1,49x depuis l’origine (1,59x pour le buyout seul), avec un DPI de 0,74x et un RVPI de 0,75x 1.
| Indicateur | Après 5 ans | Interprétation |
|---|---|---|
| TVPI > 1,5x | Bon | Le fonds crée de la valeur |
| TVPI < 1,2x | Médiocre | Vigilance, performance sous la moyenne |
| DPI > 0,5x | Rassurant | Des cash flows réels commencent à revenir |
Quelle rentabilité nette réelle peut-on espérer ?
Le buyout français affiche un TRI net de 14,5% sur 10 ans et de 13,6% depuis l’origine 1. Les fonds liquidés (millésimes ≥ 2008) performent encore mieux : 14,1% de TRI et 1,78x de multiple 1. Le bon réflexe est de raisonner en multiple plutôt qu’en TRI pour estimer vos retours réels, comme détaillé dans la section cas pratiques. L’écart entre quartiles reste massif : de 0,9x (perte) à 2,3x (plus que doublé) 1.
Les PME françaises sont-elles de bonnes cibles pour le capital-transmission ?
Le tissu de PME/ETI familiales offre un réservoir important d’opportunités de reprise et de transmission, amplifié par le départ en retraite des dirigeants baby-boomers 4. Les performances du buyout français (TRI 13,6% depuis l’origine, TVPI 1,59x) 1 démontrent la qualité de ce gisement. À l’échelle européenne, le mid-market buyout surperforme avec un TRI de 16,9% depuis l’origine 2.
Qu’est-ce que la J-curve et combien de temps dure-t-elle ?
La J-curve désigne la phase initiale où votre investissement affiche une performance négative. Les premières années, vous payez des frais de gestion alors que les entreprises ne sont pas encore valorisées. Ce phénomène dure généralement 3-4 ans, avant que les plus-values latentes puis les distributions ne fassent remonter la courbe. C’est visible dans les données France Invest : le TRI 3 ans du PE global n’est que de 5,3%, bien en dessous du TRI 10 ans de 12,4% 1.
Quelle fiscalité s’applique aux gains du capital-transmission ?
Les gains sont soumis au PFU (30%) ou au barème progressif + prélèvements sociaux (17,2%). Via un PEA-PME, l’exonération d’IR s’applique après 5 ans de détention (seuls les PS de 17,2% restent dus). L’assurance-vie offre aussi des avantages après 8 ans. L’ELTIF 2.0, selon son enveloppe de souscription, peut bénéficier du régime fiscal de l’assurance-vie ou du PEA-PME.
Comment choisir entre un fonds généraliste et un fonds sectoriel ?
Les fonds sectoriels (santé, tech, services) offrent une expertise approfondie et des performances souvent supérieures dans leur domaine. Les fonds généralistes apportent une diversification naturelle. Pour un premier investissement, privilégiez un fonds généraliste mid-cap diversifié. Ensuite, complétez avec des fonds sectoriels sur vos convictions.
Que se passe-t-il si j’ai besoin de liquidités avant la fin du fonds ?
Le marché secondaire permet de revendre vos parts avant terme, mais avec une décote (généralement 6 à 15% pour les portefeuilles buyout). Des plateformes facilitent ces transactions. Comptez 3-6 mois pour trouver un acheteur et finaliser la cession.
Comment identifier un bon fonds de capital-transmission ?
Les critères essentiels : track record sur plusieurs millésimes (pas un seul fonds réussi), stabilité de l’équipe de gestion, sourcing propriétaire des deals (pas uniquement des enchères), et expertise sectorielle identifiable. Regardez aussi le ratio de coinvestissement de l’équipe : ils doivent avoir « skin in the game ». Pour référence, les meilleurs millésimes récents du capital-transmission français sont 2015 (TRI 19,5%, multiple 2,34x) et 2014 (TRI 19,0%, multiple 2,06x) 1.
Comment se compare le buyout français au buyout européen et américain ?
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