Infrastructures privées : diversifier votre portefeuille avec des actifs tangibles
Tout savoir sur les infrastructures privées, leurs avantages et comment y investir.
📋 Sommaire
3 700 milliards de dollars de besoins annuels en infrastructure dans le monde. Face aux budgets publics sous tension, cette classe d'actifs longtemps réservée aux institutionnels s'ouvre enfin aux particuliers. En France, les fonds d'infrastructure ont déployé 4,6 milliards d'euros au seul premier semestre 2025 (source : France Invest / Grant Thornton, octobre 2025).
⚡ Les points essentiels
- Rendements cibles de 6 à 7% par an avec des flux prévisibles sur 15-25 ans
- Protection naturelle contre l'inflation grâce aux revenus indexés
- Corrélation faible à modérée avec les marchés actions pour stabiliser votre portefeuille
- Accessibilité dès 1 000€ via les fonds ELTIF 2.0
- Un marché résilient au S1 2025, surperformant nettement le reste du capital-investissement
Près de 4 000 milliards de dollars par an. C'est ce que le monde devrait investir en infrastructures d'ici 2040, selon le Global Infrastructure Outlook (GI Hub / Oxford Economics). Les budgets publics ne suffisent plus, et le secteur privé prend le relais via des partenariats public-privé. Résultat : une classe d'actifs longtemps réservée aux investisseurs institutionnels s'ouvre progressivement aux particuliers.
La dynamique se mesure concrètement en France. Au premier semestre 2025, les fonds d'infrastructure français ont déployé 4,6 milliards d'euros dans 111 projets, en hausse par rapport au S1 2024 (source : France Invest / Grant Thornton, 40e édition, octobre 2025). Dans un contexte où le capital-investissement dans son ensemble reculait de 5%, cette résilience n'est pas passée inaperçue.
Ce qui attire les investisseurs, c'est la combinaison assez rare de rendements réguliers et de résistance aux à-coups de marché. Voyons ce que recouvre exactement cette classe d'actifs, et surtout comment y accéder.
🏢 Qu'est-ce que l'infrastructure privée ?
Les infrastructures, ce sont les artères vitales de nos sociétés modernes. Réseaux électriques, voies ferrées, hôpitaux, data centers : sans ces installations, le quotidien s'arrête — et on s'en rend compte très vite quand ça dysfonctionne.
La différence entre public et privé ? Elle tient au mode de financement et de gestion. Les infrastructures publiques appartiennent à l'État ou aux collectivités. Les privées sont détenues ou exploitées par des acteurs privés dans le cadre de contrats de long terme (concessions, PPP).
Cotées vs non cotées : deux mondes différents
| Critère | Infrastructures cotées | Infrastructures non cotées | Avantage |
|---|---|---|---|
| Exemples | Actions Vinci, Eiffage | Fonds ELTIF, FCPR dédiés | - |
| Volatilité | Proche marchés actions | Valorisation stable | ✅ Non cotées |
| Corrélation indices | Forte (0,7-0,9) | Faible à modérée (0,15-0,5) | ✅ Non cotées |
| Flux de trésorerie | Variables | Prévisibles | ✅ Non cotées |
| Liquidité | Quotidienne | Limitée (7-10 ans) | ✅ Cotées |
Les secteurs d'investissement : au-delà des autoroutes
Le transport reste un pilier historique (autoroutes à péage, concessions aéroportuaires, ports maritimes), mais c'est l'énergie qui concentre aujourd'hui les flux. Les données françaises le confirment : au premier semestre 2025, les énergies renouvelables représentaient 61% des projets infrastructure et 54% des montants investis (source : France Invest / Grant Thornton).
Plus de 2 300 milliards de dollars ont été investis dans la transition énergétique au niveau global en 2025, un nouveau record en hausse de 8% sur un an (source : BloombergNEF, Energy Transition Investment Trends 2026, janvier 2026). Le digital monte également en puissance : les investissements en private equity dans les data centers ont été multipliés par plus de quatre entre 2020 et 2024 (source : BCG, Infrastructure Strategy 2025). En France, les télécommunications (data centers, fibre optique) pesaient 12% des montants investis au S1 2025.
| Secteur | Exemples d'actifs | Poids en France (S1 2025) | Tendance |
|---|---|---|---|
| Énergie renouvelable | Solaire, éolien, stockage | 54% des montants, 61% des projets | 📈 Segment dominant |
| Transport | Autoroutes, aéroports, ports | 31% des montants | En hausse (1,4 Md€ vs 1,1 Md€ au S1 2024) |
| Digital | Data centers, fibre optique | 12% des montants | 📈 Croissance structurelle |
| Social | Hôpitaux PPP, écoles | 1% des montants | Stable, volume modeste |
Source : France Invest / Grant Thornton, Activité des acteurs du capital-investissement français, S1 2025 (40e édition, octobre 2025)
💰 Pourquoi intégrer les infrastructures à votre stratégie ?
Des rendements stables et prévisibles
Les projets d'infrastructure s'appuient sur des contrats de 15 à 25 ans. Cette visibilité permet d'anticiper les flux de trésorerie avec une précision rare dans l'univers financier. Les fonds ciblent généralement un rendement de 6 à 7% par an sur le long terme (net de frais de gestion, mais avant fiscalité personnelle).
Un point important : contrairement aux actions cotées, les fonds d'infrastructure non cotés fonctionnent avec des appels de fonds progressifs et des distributions irrégulières. Le capital n'est pas investi en une seule fois, et les rendements ne sont pas linéaires d'une année sur l'autre.
Situation type : Investissement de 50 000€ sur un fonds infrastructure
Vous souscrivez 50 000€ dans un fonds infrastructure ciblant 6,5% de rendement annuel net. Deux logiques coexistent selon le type de fonds :
Scénario A — Distributions perçues : Vous recevez en moyenne 3 000 à 3 500€ par an (avant fiscalité), soit un complément de revenus régulier. Votre capital investi reste autour de 50 000€ à l'échéance.
Scénario B — Réinvestissement automatique : Les distributions sont réinvesties dans le fonds. Sur 8 ans, en retenant 6,5% net annualisé, votre capital atteindrait environ 82 700€ (après frais de gestion, généralement de 1,5 à 2,5% intégrés au rendement net affiché).
📊 Simulation d'investissement infrastructure
Le fonds Swiss Life Funds (LUX) Privado Infrastructure S.A. illustre cette dynamique : plus de 125 millions d'euros collectés un an après son lancement (juin 2025), avec un objectif de rendement annuel de 6 à 7% et une performance de 3,5% sur ses 12 premiers mois (source : Swiss Life Asset Managers).
Une classe d'actifs résiliente
Les données françaises confirment cette résilience. Alors que le non-coté dans son ensemble reculait sensiblement au S1 2025 (-5% en montants investis, source : France Invest / Grant Thornton), les fonds d'infrastructure progressaient tant en montants qu'en nombre de projets. L'infrastructure représente désormais 20% des levées de capitaux totales du private equity français et 31% des montants déployés.
Ce différentiel reflète la nature même des actifs infrastructure : des contrats longs, des revenus récurrents et une moindre sensibilité aux cycles économiques de court terme.
Une protection naturelle contre l'inflation
C'est l'argument souvent sous-estimé. Les revenus des actifs d'infrastructure sont fréquemment indexés sur l'évolution des prix via des clauses contractuelles. Quand l'inflation grimpe, vos revenus suivent.
Performance 2022-2023 : Alors que l'inflation cumulée dépassait 10% en zone euro sur ces deux années, les actifs infrastructure indexés (péages autoroutiers, tarifs de distribution d'énergie) ont vu leurs revenus progresser dans des proportions comparables. À titre d'illustration, les tarifs de péage des concessions autoroutières françaises ont augmenté de 4,75% en février 2023 puis d'environ 3% en février 2024, captant l'essentiel de l'inflation passée. Sur la même période, une obligation d'État à taux fixe (OAT 10 ans émise à 0,5%) perdait 15 à 20% de sa valeur de marché. La différence de traitement est frappante.
Moins de volatilité, plus de sérénité
L'argument massue des actifs d'infrastructure non cotés : leur corrélation avec les marchés actions est faible à modérée. Les données brutes Burgiss (basées sur les valorisations privées, naturellement lissées) situent cette corrélation entre 0,15 et 0,3. Les modèles ajustés du biais de lissage, notamment celui de MSCI Private Infrastructure, la remontent à 0,4-0,5. Concrètement ? Même dans l'hypothèse haute, quand le CAC 40 plonge, votre poche infrastructure amortit nettement le choc (contre 0,7 à 0,9 pour les infrastructures cotées).
Illustration : Année 2022
Les actions européennes ont perdu environ 9 à 13% sur l'année selon les indices (Morningstar Europe : -9,3% dividendes inclus ; MSCI Europe : environ -10% en euros), dans un contexte de hausse des taux et d'incertitudes géopolitiques.
Participer à la transition énergétique
Au-delà du rendement, investir dans les infrastructures modernes, c'est financer concrètement la décarbonation. Parcs solaires, réseaux de recharge pour véhicules électriques, modernisation des systèmes de transport : vos investissements contribuent à un avenir plus durable.
Cette tendance s'accélère. En France, les investissements greenfield (construction de nouvelles infrastructures, par opposition aux rachats d'actifs existants) ont progressé de 14% en montants au S1 2025 par rapport au S1 2024, portés par le développement de nouveaux parcs solaires, éoliens et capacités de stockage (source : France Invest / Grant Thornton).
Double bénéfice : Un alignement entre performance financière et impact environnemental de plus en plus recherché par les investisseurs soucieux de donner du sens à leur épargne.
📊 Le marché français : ce que disent les derniers chiffres
L'étude semestrielle France Invest / Grant Thornton (40e édition, publiée en octobre 2025) dresse un bilan nuancé mais structurellement positif du marché français de l'investissement en infrastructure.
Un marché qui résiste mieux que le private equity classique
Les chiffres du S1 2025 confirment la tendance : les montants déployés en infrastructure progressent légèrement, et surtout le nombre de projets bondit de 13% (111 contre 98 un an plus tôt). Rapporté à l'ensemble du non-coté français, le segment infrastructure pèse désormais 31% des montants investis, un poids en progression constante.
Côté levées de capitaux, le semestre est plus contrasté : 3,5 milliards d'euros collectés, en repli de 10% par rapport au S1 2024. Mais ce chiffre doit être relativisé. Le marché infrastructure français ne compte que 46 sociétés de gestion actives, avec des cycles de levée moyens de quatre ans. L'absence de méga-levée (aucun fonds au-dessus du milliard d'euros au S1 2025) explique l'essentiel de l'écart, sans signaler de défiance des investisseurs.
Les énergies renouvelables, cœur du marché
La répartition sectorielle ne laisse plus de doute sur la place des EnR : 61% des projets et 54% des montants investis au S1 2025. Le transport conserve la deuxième position (31% des montants, 1,4 milliard d'euros), en progression par rapport au S1 2024. Le digital (data centers, fibre) représente 12% des montants avec 530 millions d'euros sur 9 projets.
La part de la France dans les investissements infrastructure a bondi de 27% au S1 2024 à 44% au S1 2025 (2 milliards d'euros dans 43 projets). Cette dynamique reflète les effets des politiques publiques de soutien à la transition énergétique et à la réindustrialisation (source : France Invest / Grant Thornton).
Une démocratisation en marche
Signe que l'infrastructure n'est plus le pré carré des grands institutionnels : les souscriptions des personnes physiques et family offices ont été multipliées par plus de sept au S1 2025 par rapport au S1 2024 (124 millions d'euros, soit 4% de la collecte). Certes, la base de départ était modeste. Mais la tendance est claire, portée par la montée en puissance des fonds de fonds (54% de la collecte, un niveau historique) qui offrent un accès diversifié aux actifs d'infrastructure pour des investisseurs qui n'auraient pas accès aux véhicules institutionnels directs.
🚪 Comment accéder à cette classe d'actifs ?
Les fonds ELTIF : la porte d'entrée accessible
Les fonds européens ELTIF (European Long-Term Investment Fund) ont changé la donne. Le règlement ELTIF 2.0, entré en vigueur le 10 janvier 2024, a abaissé les barrières à l'entrée : certains fonds comme le Privado de Swiss Life Asset Managers permettent d'investir à partir de 1 000 euros, là où les seuils étaient auparavant de 100 000€ minimum.
Les fonds de fonds : diversification immédiate
Les investisseurs qui souhaitent s'exposer à l'infrastructure sans sélectionner eux-mêmes un fonds sectoriel peuvent passer par des fonds de fonds. Ces véhicules investissent dans plusieurs fonds infrastructure, offrant une diversification immédiate par géographie, secteur et millésime. Pour un investisseur privé, c'est un moyen efficace de lisser le risque lié à un gérant unique ou à un secteur concentré.
L'assurance-vie : combiner fiscalité et diversification
Plusieurs assureurs proposent désormais des unités de compte infrastructure au sein de leurs contrats. L'avantage ? Vous bénéficiez de l'enveloppe fiscale de l'assurance-vie tout en accédant à des actifs de long terme diversifiés. Une solution à explorer si vous détenez déjà un contrat.
FCPR et FPCI : pour les patrimoines significatifs
Les investisseurs disposant d'un patrimoine supérieur à 100 000€ peuvent accéder à des fonds spécialisés (FCPR, FPCI) offrant des stratégies plus dynamiques. Ces véhicules ciblent des rendements potentiellement supérieurs, en contrepartie d'une liquidité plus contrainte et d'un risque accru.
| Véhicule | Ticket minimum | Liquidité | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| ELTIF 2.0 | Dès 1 000€ | Fenêtres périodiques | ✅ Tous investisseurs |
| Fonds de fonds | Variable (10 000-100 000€) | Selon structure | ✅ Diversification multi-gérants |
| UC Assurance-vie | Variable (500-5 000€) | Selon contrat | ✅ Détenteurs AV |
| FCPR | 30 000 - 100 000€ | Bloquée 7-10 ans | Patrimoine intermédiaire |
| FPCI | 100 000€+ | Bloquée 8-12 ans | Investisseurs avertis |
🎯 Pour les patrimoines établis : aller plus loin
Si vous disposez d'un patrimoine financier supérieur à 500 000€ et que vous connaissez déjà les mécanismes du non-coté, les infrastructures ouvrent des possibilités supplémentaires.
Le co-investissement en infrastructure
Certains GPs (gestionnaires de fonds) proposent à leurs investisseurs de co-investir directement aux côtés du fonds principal sur une opération identifiée : un parc éolien offshore, un réseau de fibre optique, un portefeuille de stations de recharge. L'intérêt ? Des frais de gestion réduits (voire nuls sur la tranche co-invest), une visibilité directe sur l'actif sous-jacent, et des multiples cibles de 1,8 à 2,5x sur des horizons de 4 à 6 ans.
La contrepartie : un ticket d'entrée souvent supérieur à 500 000€, une due diligence à mener en quelques semaines, et une concentration du risque sur un actif unique.
À noter : le marché français reste orienté mid-market. Au S1 2025, 70% des projets infrastructure portaient sur des tickets inférieurs à 20 millions d'euros, tandis que seules deux opérations dépassaient les 500 millions (source : France Invest / Grant Thornton). Pour un investisseur en co-invest, cela signifie des tailles de deal adaptées à une due diligence approfondie.
Les FPCI dédiés : stratégies thématiques
Des FPCI spécialisés permettent d'accéder à des stratégies plus ciblées : infrastructure de transition énergétique pure (éolien, solaire, stockage), infrastructure digitale (data centers, fibre), ou encore actifs de transport à rendement élevé (wagons, aviation civile). Ces fonds ciblent généralement des rendements nets de 8 à 12% avec des profils de risque plus marqués.
Un point de vigilance : à ces niveaux de ticket et de complexité, l'accompagnement d'un conseiller en gestion de patrimoine qui maîtrise les actifs non cotés est indispensable. La sélection du GP (track record sur plusieurs cycles, expertise sectorielle, qualité du reporting) compte autant que le choix du secteur.
⚠️ Les points de vigilance
Une liquidité limitée
Les fonds d'infrastructure sont des placements de long terme. L'horizon recommandé ? 7 à 10 ans minimum. Les fonds evergreen et les ELTIF améliorent progressivement cet aspect avec des fenêtres de rachat périodiques, mais la patience reste de mise.
⚠️ Encadré Liquidité & Engagement
Avant d'investir, assurez-vous de respecter ces principes :
- Ne jamais investir de l'argent dont vous pourriez avoir besoin à court terme
- Conserver une épargne de précaution suffisante (3-6 mois de charges)
- Respecter l'horizon d'investissement recommandé (7-10 ans minimum)
- Limiter l'exposition infrastructure à 5-15% du portefeuille total
Des risques spécifiques à intégrer
Évolutions réglementaires (modification des tarifs de rachat d'électricité par exemple), changement climatique impactant certains actifs (zones inondables, canicules affectant les réseaux), concentration géographique : ces risques existent. Une diversification sur plusieurs secteurs et zones géographiques permet de les atténuer significativement.
Un marché concentré et cyclique
Le segment infrastructure français ne compte que 46 sociétés de gestion actives, avec des cycles de levée moyens de quatre ans (source : France Invest). Cette concentration structurelle génère des écarts significatifs d'un semestre à l'autre. Au S1 2025, la collecte a reculé de 10% faute de méga-levée, alors même que les déploiements progressaient. Il ne faut pas confondre un effet de calendrier avec un signal de défiance.
Cette cyclicité implique aussi que les fenêtres d'accès à certains fonds sont limitées dans le temps. Les closings successifs d'un fonds peuvent s'étaler sur 12 à 18 mois, et une fois le dernier closing passé, il faut attendre le millésime suivant.
La question du lissage des valorisations
Un point que les documents marketing mentionnent rarement : les fonds d'infrastructure non cotés sont valorisés sur la base d'expertises périodiques, pas de transactions de marché quotidiennes. Cette mécanique lisse naturellement la volatilité affichée et peut donner une impression de stabilité supérieure à la réalité. MSCI et Cambridge Associates soulignent régulièrement cet effet dans leurs analyses. Ce n'est pas un problème en soi, mais il faut en être conscient pour ne pas surestimer la décorrélation réelle avec les marchés actions.
🎯 Votre plan d'action
📊 Intégrer les infrastructures en 4 étapes
Commencez par calibrer votre allocation. Les actifs d'infrastructure conviennent à 5-15% d'un portefeuille diversifié, selon votre profil de risque et votre horizon. Au-delà de 15%, vous concentrez le risque de liquidité.
Avant de choisir un fonds, vérifiez que votre situation le permet : épargne de précaution en place, pas de projet nécessitant ces fonds à court terme, horizon compatible avec un blocage de 7 à 10 ans. C'est un prérequis souvent négligé.
Côté enveloppe, le choix dépend de votre point de départ. ELTIF pour un premier investissement avec un ticket modeste, fonds de fonds pour une diversification immédiate, assurance-vie pour optimiser la fiscalité si vous détenez déjà un contrat, FCPR ou FPCI pour des montants plus significatifs et une stratégie plus directe.
Enfin, la sélection de la société de gestion est au moins aussi importante que le choix du secteur. Privilégiez des équipes avec un track record établi sur plusieurs cycles, une expertise sectorielle reconnue et une transparence complète sur les actifs détenus. Le marché français reste concentré : prenez le temps de comparer.
📌 Points clés à retenir
Les infrastructures privées combinent rendements réguliers (objectif 6-7%/an), protection contre l'inflation et décorrélation relative avec les marchés actions. Le marché français confirme la dynamique avec une activité en hausse au S1 2025, y compris auprès des investisseurs particuliers grâce aux ELTIF 2.0 et aux fonds de fonds.
Trois contreparties à intégrer avant de s'engager : un horizon long (7-10 ans), une liquidité limitée, et un marché concentré dont les valorisations sont lissées. L'accompagnement d'un conseiller spécialisé est recommandé pour calibrer l'allocation à votre situation.
⚠️ Avertissement réglementaire
Ce contenu est purement informatif et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une sollicitation au sens de la réglementation AMF. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement en infrastructures présente un risque de perte en capital et une liquidité limitée. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse adaptée à votre situation personnelle.
🤔 FAQ Détaillée
Les questions essentielles sur l'investissement en infrastructures privées
Quels sont les différents types d'infrastructures ?
On distingue quatre grandes catégories : transport (routes, aéroports, ports), énergie (centrales, réseaux de distribution, renouvelables), digital (data centers, fibre optique) et social (hôpitaux, écoles). Chaque secteur présente des profils de risque et de rendement distincts. En France, les énergies renouvelables dominent nettement avec plus de 60% des projets au S1 2025, suivies du transport et du digital (source : France Invest / Grant Thornton).
Quelle différence entre infrastructures publiques et privées ?
Les publiques appartiennent à l'État ou aux collectivités. Les privées sont détenues ou gérées par des acteurs privés via des concessions ou PPP, généralement sur des contrats de 15 à 25 ans.
Quel montant minimum pour investir en infrastructure ?
Grâce aux fonds ELTIF 2.0 entrés en vigueur le 10 janvier 2024, le ticket d'entrée descend à 1 000€ sur certains fonds. Les FCPR restent accessibles à partir de 30 000€ généralement, tandis que les FPCI s'adressent aux investisseurs pouvant mobiliser 100 000€ ou plus. Les fonds de fonds offrent un accès intermédiaire avec des tickets variables.
Pourquoi investir dans les infrastructures ?
Plusieurs raisons convergent : des rendements attractifs (6-7% visés sur le long terme), une protection contre l'inflation grâce aux revenus indexés contractuellement, et une décorrélation relative avec les marchés actions.
Le contexte de transition énergétique renforce l'attrait de cette classe d'actifs, avec plus de 2 300 milliards de dollars investis globalement en 2025 (BloombergNEF). Les données françaises montrent aussi une résilience remarquable : au S1 2025, les fonds d'infrastructure progressaient en montants et en nombre de projets alors que le reste du private equity reculait de 5%.
Ces rendements restent des objectifs et non des garanties ; le risque de perte en capital existe.
Quelle est la durée d'investissement recommandée ?
7 à 10 ans minimum. Les fonds evergreen et ELTIF proposent des fenêtres de rachat périodiques, mais récupérer sa mise rapidement reste difficile. Règle d'or : n'investissez que des fonds dont vous n'aurez pas besoin avant l'échéance.
Comment les infrastructures protègent-elles contre l'inflation ?
Les revenus des actifs d'infrastructure sont souvent indexés sur l'inflation via des clauses contractuelles. Péages autoroutiers, tarifs de distribution d'énergie, loyers de data centers : ces flux sont régulièrement revalorisés. En 2022-2023, alors que l'inflation cumulée dépassait 10% en zone euro, les actifs infrastructure indexés ont capté l'essentiel de cette hausse. Les tarifs de péage français, par exemple, ont augmenté de près de 8% cumulé sur les deux années.
Quelle part de mon portefeuille allouer aux infrastructures ?
Entre 5% et 15% d'un portefeuille diversifié, selon votre profil de risque et votre horizon. Au-delà de 15%, vous concentrez le risque de liquidité. Commencer par 5% et augmenter progressivement est une approche raisonnable.
Quels sont les principaux risques des infrastructures privées ?
Le premier risque est celui de la liquidité : votre capital est bloqué 7 à 10 ans, avec des possibilités de sortie anticipée très limitées. Le deuxième est réglementaire : les tarifs réglementés (rachat d'électricité, péages) peuvent évoluer défavorablement.
Il faut aussi compter avec le risque climatique (événements extrêmes impactant les actifs physiques), la concentration du marché français (46 sociétés de gestion seulement), et le biais de lissage des valorisations qui peut masquer la volatilité réelle. Ce dernier point est rarement mentionné dans les documents commerciaux, mais MSCI et Cambridge Associates le documentent régulièrement.
Peut-on investir en infrastructure via l'assurance-vie ?
Oui, plusieurs assureurs proposent des unités de compte infrastructure au sein de leurs contrats. Cette option combine l'accès à des actifs de long terme avec l'enveloppe fiscale avantageuse de l'assurance-vie (abattement après 8 ans, transmission optimisée). Vérifiez les conditions de liquidité spécifiques à chaque UC, qui peuvent varier selon le contrat et la société de gestion.
Comment choisir un fonds infrastructure de qualité ?
Privilégiez des sociétés de gestion avec un track record établi, une expertise sectorielle reconnue, et une transparence complète sur les actifs détenus. Analysez également les frais (entrée, gestion, performance), la diversification géographique et sectorielle, ainsi que les conditions de liquidité.
Quelle fiscalité s'applique aux investissements infrastructure ?
La fiscalité dépend de l'enveloppe utilisée. En compte-titres, les plus-values et revenus sont soumis au PFU de 30% (ou barème progressif sur option). Via l'assurance-vie, vous bénéficiez de l'abattement de 4 600€/9 200€ après 8 ans. Certains FCPR/FPCI offrent des avantages fiscaux spécifiques sous conditions de durée de détention.
Les infrastructures sont-elles un investissement ESG ?
Beaucoup de fonds intègrent des critères ESG, surtout sur la dimension environnementale. En France, les investissements greenfield (nouvelles infrastructures renouvelables) ont nettement progressé au S1 2025. Vérifiez la classification SFDR du fonds (Article 8 ou 9) pour évaluer le niveau d'engagement réel de la société de gestion.
Qu'est-ce qu'un fonds de fonds infrastructure ?
Un fonds de fonds investit dans plusieurs fonds infrastructure au lieu de détenir directement des actifs. Cela offre une diversification immédiate par géographie, secteur et millésime, et simplifie l'accès pour les investisseurs qui n'ont pas les montants ou l'expertise nécessaires pour sélectionner des fonds individuels. Au S1 2025, les fonds de fonds représentaient plus de la moitié de la collecte infrastructure en France, un niveau historique (source : France Invest / Grant Thornton).
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