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La missive d'Omaha · Numéro 1

Le private equity qui a fait vos rendements depuis 20 ans n’existe plus

Envoyée le 15 septembre 2026

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Call Me Warren Mardi 15 septembre 2026
 

100 % Private Equity

La missive d’Omaha
L’édito

Le private equity qui a fait vos rendements depuis 20 ans n’existe plus

La semaine dernière, à l’IPEM, des centaines de gérants ont tenu le même discours : « notre création de valeur est opérationnelle ». Ils ont raison de le tenir. Il y a dix ans, presque personne ne s’en souciait, et tout le monde gagnait quand même.

L’essentiel en 30 secondes

› Taux bas, levier abondant, multiples en expansion : pendant vingt ans, ces moteurs ont porté les rendements, quelle que soit la qualité du gérant. Ils sont à l’arrêt.
› La création de valeur repose désormais à près de 80 % sur la croissance de l’EBITDA (Global Private Equity Reports 2010 à 2026, Bain & Company). À taux et multiples actuels, il en faut près de deux fois plus qu’hier pour un même rendement.
› Presque tous les gérants s’en réclament ; par définition, un quart seulement sera dans le premier quartile. Identifier lesquels, avant d’engager, devient le premier levier de performance.
› Faut-il encore faire du private equity ? Oui. La dispersion entre gérants rémunère plus que jamais la sélection : screener plus large, tester la réplicabilité, ne plus re-souscrire par habitude.

Ce qui a changé

Trois moteurs faisaient le travail : une dette abondante et bon marché, des multiples en expansion continue et, accessoirement, la croissance des entreprises. La décomposition de la création de valeur des buyouts (Global Private Equity Reports 2010 à 2026, Bain & Company) montre l’ampleur du changement :

› En 2010, l’expansion des multiples portait près de la moitié de la valeur créée, contre moins d’un tiers pour la croissance de l’EBITDA et environ un quart pour le désendettement.
› En 2025, la croissance de l’EBITDA en porte près de 80 % à elle seule, l’expansion des multiples et le désendettement ne faisant plus que l’appoint.

Ces moteurs sont à l’arrêt : l’argent gratuit a disparu et les multiples d’entrée sont au plafond. « 12 is the new 5 », résume le même rapport : il faut près de deux fois plus de croissance d’EBITDA qu’hier pour délivrer le même rendement. Presque tous les gérants s’en réclament, mais par définition, un quart seulement sera dans le premier quartile.

Hier, le marché faisait le rendement. Désormais, c’est le gérant.

Pourquoi c’est une bonne nouvelle

Faut-il en conclure qu’il ne faut plus faire de private equity ? Non, au contraire. La prime n’a pas disparu, elle a cessé d’être automatique, et la dispersion entre gérants rémunère désormais la sélection. Cela suppose de changer trois habitudes : screener beaucoup plus large qu’avant, car le bon fonds n’est probablement pas dans votre réseau, en finir avec le re-up systématique, et traiter tout track record comme un point de départ plutôt que comme une conclusion. La vraie question est celle de la réplicabilité : mêmes prix d’entrée, même levier, même équipe, même terrain de chasse ?

La bonne nouvelle, c’est que cette sélection est réalisable. Un exercice de due diligence même simple suffit souvent à établir qu’une réplication du modèle est hautement improbable, parce que le millésime était porté par le levier, que les multiples sont devenus hors de portée, que le fonds a doublé de taille ou que l’équipe a tourné. Écarter vite ces situations représente déjà l’essentiel du travail de sélection.

Répondre à ces questions, fonds par fonds, est exactement le travail de Call Me Warren : plus de 1 000 fonds déjà analysés, plus de 200 critères par analyse, moins de 5 % retenus. Une analyse indépendante, adossée à une donnée propriétaire et vous n’investissez qu’après.

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De retour de l’IPEM, sur votre bureau

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Dites-nous quels gérants vous y avez rencontrés : nous les analysons, les évaluons et les comparons pour vous, gracieusement. Vous repartez avec une lecture structurée et les bonnes questions à poser avant de vous engager.

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La découverte du mois

Un fonds dédié aux gérants émergents européens

Stratégie  Small cap buy-out, gérants émergents  ·  Géographie  Europe  ·  Taille cible  250 M€

Indépendante depuis 1998, 28 ans de sélection de gérants européens, la maison lève 250 M€ (175 M€ d’engagements déjà reçus) sur les emerging managers du small cap buy-out. Double alpha : prime emerging (3,0x et 41 % de TRI bruts sur cessions, contre 2,7x et 30 % sur l’ensemble du portefeuille) et entrée à 5,3x d’EV/EBITDA contre 8,3x pour le marché. Objectif : plus de 2,0x net, non garanti. Selon nous, l’un des meilleurs moyens à ce jour de sourcer des emerging managers tout en limitant les risques.

Le nom du fonds est réservé à nos échanges directs. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Le flop du mois

Multi-Color : des milliards qui partent en fumée

Multi-Color imprime les étiquettes collées sur les produits du quotidien : bouteilles de vin, de bière ou de soda, pots de yaourt, flacons de lessive ou de shampoing, boîtes de médicaments. Un métier centenaire, né en 1916, sans rupture technologique, dont les volumes suivent simplement la consommation : près de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 13 000 salariés et plus de 100 usines dans 25 pays. Le premier fournisseur mondial du secteur.

En 2021, au plus haut du cycle, le fonds new-yorkais Clayton, Dubilier & Rice (CD&R) rachète Multi-Color à Platinum Equity et le fusionne avec Fort Dearborn, repris à Advent : deux LBO secondaires réunis en un seul, 6 milliards de dollars de valorisation, financés pour l’essentiel par de la dette, puis au moins huit acquisitions en trois ans, à crédit elles aussi. Résultat : 5,9 milliards de dollars de dette, soit près de deux années de chiffre d’affaires, et environ 475 millions d’intérêts à payer chaque année.

Il n’a rien fallu de spectaculaire pour faire tomber l’édifice. Après le pic de consommation du Covid, les volumes ont reflué et le chiffre d’affaires a reculé de 14 % entre 2022 et fin 2025, pendant que les intérêts, eux, ne baissaient pas. Une entreprise normalement endettée aurait absorbé le choc. Celle-ci s’est retrouvée à court de liquidités et s’est placée sous Chapter 11 le 29 janvier 2026 dans le New Jersey, avec un plan pré-négocié : 3,8 milliards de dette effacés, 889 millions de capitaux frais apportés par CD&R et les prêteurs, plan confirmé le 16 avril. Les créanciers juniors récupèrent moins de 3 % de leur mise, l’ancien capital est annulé et le sponsor ne garde une place qu’en remettant au pot.

Un bilan construit à l’ère de l’argent gratuit n’a pas survécu à trois années de volumes en baisse, parce qu’avec un levier calibré sur le monde d’hier, un simple passage à vide devient une question de survie. Heureusement que vous n’aviez pas mis vos billes là.

Qui devrions-nous interviewer ?

Un gérant, un dirigeant, une famille dont le regard vaut le détour. Répondez simplement à cet email.

Geoffroy de Becdelièvre

À la semaine prochaine,

Geoffroy de Becdelièvre

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