Private Equity

Co-investissement en Private Equity : fonctionnement, frais et accès en 2026

82 % des GPs proposent du co-investissement, 400 Md$ d’encours mondiaux. Comparatif frais, performance académique et véhicules d’accès pour investisseurs privés.

📋 Sommaire

Le co-investissement permet d’investir aux côtés d’un fonds de private equity dans une entreprise précise, souvent sans frais de gestion ni carried interest. Résultat : un rendement net potentiellement supérieur de 2 à 4 points par rapport à un fonds classique.

⚡ Les points essentiels

  • 82 % des firmes de PE proposent des co-investissements, avec un marché dépassant 400 Md$ d’encours
  • Économie de frais documentée : 0 % de gestion et 0 % de carried en direct, soit +2 à 4 points de TRI net
  • Aucune preuve de sélection adverse à grande échelle selon l’étude Braun (2020) sur 1 016 co-investissements
  • Accès démocratisé via l’ELTIF 2.0 dès quelques dizaines de milliers d’euros

En 2024, 82 % des firmes de private equity proposent des opportunités de co-investissement à leurs investisseurs[1]. Le marché dépasse désormais 400 milliards de dollars d’encours sous gestion[2]. Ce qui était un privilège réservé aux plus grands institutionnels est devenu un standard du marché, et la tendance s’accélère.

Pourquoi cet engouement ? Le co-investissement permet d’investir aux côtés d’un fonds de private equity dans une entreprise précise, souvent sans frais de gestion ni commission de performance. Résultat : un rendement net potentiellement supérieur de 2 à 4 points par rapport à un fonds classique.

En résumé :

  • Le co-investissement consiste à investir directement dans une entreprise aux côtés d’un GP (General Partner), sans les frais traditionnels « 2 et 20 » sur la part co-investie
  • Avec 400 Md$ d’encours et 82 % des GPs qui en proposent, le co-investissement est un pilier institutionnel du private equity
  • Longtemps réservé aux tickets de 1 à 5 M euros, il se démocratise via les fonds de co-investissement et l’ELTIF 2.0

🎯 Qu’est-ce que le co-investissement en private equity ?

Le mécanisme : investir aux côtés du GP

Un fonds de private equity identifie une entreprise cible. Il structure son acquisition, souvent via un montage LBO. Mais le montant nécessaire dépasse la part qu’il peut investir seul, en raison de ses règles internes de diversification. Le GP ouvre alors une tranche de l’opération à des investisseurs tiers : c’est le co-investissement.

Concrètement, vous investissez au même moment, dans la même entreprise, aux mêmes conditions économiques que le fonds. Votre participation transite par un véhicule dédié (un SPV, pour Special Purpose Vehicle) créé spécifiquement pour l’opération. Vous n’avez aucun rôle opérationnel ni pouvoir décisionnel. Le GP reste aux commandes.

🔥 400 Md$ d’encours en 2025

Le marché mondial du co-investissement a franchi la barre des 400 milliards de dollars d’encours sous gestion, porté par la demande croissante des LPs pour des véhicules à frais réduits et un déploiement de capital plus rapide[2].

Pourquoi le GP ouvre-t-il son deal ?

Trois raisons principales. D’abord, les ratios de diversification : un fonds ne peut pas concentrer plus de 10 à 15 % de son capital sur une seule ligne. Si l’opération est plus grosse que cette limite, il a besoin de partenaires. Ensuite, la fidélisation des LPs : offrir des co-investissements renforce la relation et facilite les levées de fonds suivantes. Enfin, dans un environnement de levée de fonds difficile (trois années consécutives de baisse des levées primaires), le co-investissement est un levier d’attractivité pour attirer de nouveaux capitaux[3].

Les différences avec un investissement en fonds primaire

Dans un fonds primaire, vous confiez votre capital à un GP qui le déploie progressivement dans 10 à 15 entreprises sur 4 à 5 ans. Vous n’avez aucun choix sur les cibles. Les frais : 1,5 à 2 % de gestion annuelle plus 20 % de carried interest sur les gains.

En co-investissement, vous choisissez (ou acceptez) une opération spécifique. Le capital est déployé immédiatement dans une entreprise identifiée. Les frais sont nuls ou très réduits. En contrepartie, vous êtes exposé à une seule entreprise par opération, ce qui rend la diversification de votre portefeuille de co-investissements essentielle.

💰 Les avantages du co-investissement

Des frais nettement inférieurs

Le co-investissement direct fonctionne sur un modèle standardisé « no fee, no carry » : 0 % de frais de gestion et 0 % de carried interest[4]. L’économie par rapport à un fonds primaire classique (2 % + 20 %) est considérable sur la durée de vie d’un investissement.

Décortiquons les chiffres. Sur un engagement de 500 000 euros dans un fonds primaire avec un multiple de 2x sur 7 ans, les frais cumulés (gestion + carried) représentent environ 170 000 euros. Le même investissement en co-investissement direct ? Zéro frais. L’intégralité de la performance revient dans votre poche, soit un gain de 2 à 4 points de TRI net.

📊 Économie de frais : fonds primaire vs co-investissement direct

Capital investi 500 000 euros
Multiple de sortie 2x sur 7 ans
Frais fonds primaire (2 % + 20 %) ~170 000 euros
Frais co-invest direct (0 % + 0 %) 0 euros
Économie nette de frais
~170 000 euros (+2 à 4 pts de TRI)

Les fonds de co-investissement (pour ceux qui préfèrent la diversification clé en main) facturent en moyenne 1 % de gestion et 10 à 12,5 % de carried[5]. C’est environ 50 % moins cher qu’un fonds primaire.

Votre capital travaille plus vite

En fonds primaire, votre capital est appelé progressivement sur 3 à 5 ans. Pendant cette période, les frais de gestion courent sur le capital engagé alors qu’une partie significative n’est pas encore investie. C’est la fameuse courbe en J : vos premiers relevés de performance sont négatifs.

Le co-investissement atténue fortement cet effet. Le capital est déployé immédiatement dans un actif déjà identifié et en cours d’acquisition[3]. Pas de phase de recherche, pas de capital dormant. Votre argent travaille dès le premier jour. Pour un investisseur qui a déjà vécu la frustration d’attendre 4 ans avant de voir des distributions, c’est un changement de paradigme.

Une diversification que vous contrôlez

En co-investissement, vous choisissez vos expositions sectorielles, géographiques et par taille d’opération. Un fonds primaire vous impose son portefeuille. Cette granularité est particulièrement précieuse pour les investisseurs qui ont déjà plusieurs fonds PE et souhaitent ajuster leur allocation globale (un biais technologie trop marqué, par exemple, se corrige facilement en sélectionnant des co-investissements dans d’autres secteurs).

Une double diligence comme filet de sécurité

Lorsque vous co-investissez via un fonds de co-investissement spécialisé, deux niveaux d’analyse se superposent. Le GP sponsor a réalisé ses propres due diligences pour sélectionner la cible. Le gestionnaire du fonds de co-investissement conduit ensuite sa propre analyse indépendante, à partir de ses convictions et de son expertise sectorielle. Ce filtre supplémentaire réduit le risque d’erreur de sélection.

Double filtre de sélection : en passant par un fonds de co-investissement, vous bénéficiez de la due diligence du GP sponsor ET de celle du gestionnaire du fonds. Deux équipes indépendantes analysent la même opération avant d’investir.

⚠️ Les risques à connaître avant de co-investir

Le co-investissement comporte un risque de perte en capital, comme tout investissement en private equity. Mais ses risques spécifiques méritent d’être examinés avec nuance, car certains sont surévalués par rapport à la réalité du marché.

Le risque de sélection adverse : mythe ou réalité ?

La question centrale du co-investissement est celle-ci : le GP vous propose-t-il ses meilleurs deals, ou ses opérations les moins attractives qu’il ne souhaite pas garder pour lui ?

Cette inquiétude a un fondement académique. En 2015, une étude de Fang, Ivashina et Lerner publiée dans le Journal of Financial Economics a documenté une sous-performance des co-investissements, attribuée à un problème de « lemons » : les GPs proposeraient en priorité les deals les plus gros (et potentiellement les moins performants) pour combler leurs besoins de financement[6].

🔥 Étude Braun, Jenkinson & Schemmerl (2020)

Une étude portant sur plus de 1 000 co-investissements réalisés par 458 LPs entre 1981 et 2010 ne trouve aucune preuve de sélection adverse[7]. Les rendements bruts des co-investissements sont similaires à ceux des investissements classiques du fonds. La surperformance nette provient de l’économie de frais.

Ce qu’il faut retenir : le risque de sélection adverse existe en théorie, mais il est atténué dans la pratique par la réputation des GPs. Un GP qui proposerait systématiquement des deals médiocres en co-investissement détruirait sa relation avec ses LPs, ce qui compromettrait ses levées de fonds futures.

La concentration du portefeuille

Chaque co-investissement vous expose à une seule entreprise. Si cette entreprise sous-performe, l’impact sur votre patrimoine est direct et non dilué par un portefeuille diversifié. La parade : construire progressivement un portefeuille de 10 à 15 co-investissements, ou passer par un fonds de co-investissement qui apporte cette diversification pour vous (15 à 25 lignes en moyenne).

⚠️ Concentration et diversification

Un co-investissement unique concentre 100 % du risque sur une seule entreprise. Pour atténuer ce risque :

  • Visez un portefeuille de 10 à 15 co-investissements minimum en direct
  • Ou passez par un fonds de co-investissement (15 à 25 lignes)
  • Ne consacrez jamais plus de 10 % de votre patrimoine financier à un seul deal

L’illiquidité et les délais de décision

Comme tout investissement en private equity, le co-investissement est illiquide sur 5 à 7 ans en moyenne. Réservez-le à la part long terme de votre patrimoine.

Point d’attention spécifique : les opportunités de co-investissement se présentent souvent avec des fenêtres de décision très courtes (48 à 72 heures). Sans équipe d’analyse dédiée capable de réagir rapidement, vous risquez de ne voir passer que les deals les moins demandés. C’est une raison supplémentaire, pour les investisseurs particuliers, de privilégier un fonds de co-investissement qui dispose de cette capacité de réaction.

📊 Combien coûte réellement un co-investissement ?

Les frais sont le principal argument du co-investissement. Mais la réalité est plus nuancée qu’un simple « no fee, no carry ».

Critère Fonds primaire classique Co-invest direct Fonds de co-investissement
Frais de gestion 1,5-2 % / an 0 %* 0,5-1,5 % / an
Carried interest 20 % 0 %* 10-12,5 %
Ticket minimum 100k-500k euros 1-5 M euros 100k-250k euros
Diversification 10-15 sociétés 1 société 15-25 sociétés
Courbe en J Forte (4-5 ans) Faible (immédiat) Modérée (2-3 ans)
Due diligence Par le GP Par l’investisseur Double (GP + gestionnaire)
Réactivité requise Non 48-72h Non
Accès Large Relations GP établies Intermédiaire

* Hors transaction fees et monitoring fees, que le GP peut facturer au niveau de la société de portefeuille.

Frais cachés à vérifier : le « no fee, no carry » ne signifie pas l’absence totale de frais. Le GP peut facturer des transaction fees (1 à 3 % du prix d’acquisition) et des monitoring fees (1 à 3,5 % de l’EBITDA) au niveau de la société de portefeuille[1]. Vérifiez systématiquement les side letters et la documentation de l’opération.

Simulation sur 500 000 euros investis

Pour illustrer concrètement l’impact des frais, voici une simulation sur un horizon de 7 ans avec un multiple brut de 2x :

📊 Comparatif gains nets sur 500 000 euros (multiple brut 2x, 7 ans)

Fonds primaire (2 % + 20 %) Gain net ~330 000 euros, TVPI net ~1,66x
Co-invest direct (0 % + 0 %) Gain net ~500 000 euros, TVPI net 2,0x
Fonds de co-invest (1 % + 10 %) Gain net ~410 000 euros, TVPI net ~1,82x
Écart co-invest direct vs fonds primaire
+170 000 euros (+0,34x de TVPI)

TRI vs Multiple net (TVPI) : le TVPI (Total Value to Paid-In) mesure l’enrichissement absolu de l’investisseur, indépendamment du calendrier des flux. C’est la métrique la plus fiable pour comparer ces trois véhicules, car le TRI est sensible au timing. En fonds primaire, les appels de fonds progressifs sur 4-5 ans raccourcissent la durée d’immobilisation réelle du capital, ce qui gonfle mécaniquement le TRI (de l’ordre de 13 % net selon les benchmarks France Invest). En co-investissement, le capital est déployé immédiatement : le TRI reflète la capitalisation sur toute la durée.

Note méthodologique : les gains nets sont calculés sur un multiple brut identique de 2x pour isoler l’impact des frais. Le TRI du fonds primaire est modélisé avec des appels de fonds progressifs (courbe en J), conformément à la mécanique standard des fonds PE. Le TRI du co-investissement repose sur un déploiement immédiat du capital (lump-sum). Ces deux TRI ne sont pas directement comparables sans cette précision.

📊 Performance du co-investissement : ce que disent les études

Fang, Ivashina & Lerner (2015) : le problème des « lemons »

L’étude fondatrice de Lily Fang, Victoria Ivashina et Josh Lerner, publiée dans le Journal of Financial Economics, a analysé 392 investissements directs réalisés par 7 grands LPs institutionnels entre 1991 et 2011. Résultat : les investissements directs solo surperforment, mais les co-investissements sous-performent[6].

L’explication proposée : les GPs offriraient en priorité les deals les plus gros et les moins attractifs aux co-investisseurs, un phénomène de sélection adverse comparable au problème des « lemons » sur le marché des voitures d’occasion.

Braun, Jenkinson & Schemmerl (2020) : le contre-argument

Cinq ans plus tard, une étude plus robuste portant sur 1 016 co-investissements réalisés par 458 LPs entre 1981 et 2010 renverse cette conclusion. Les distributions de rendements bruts des co-investissements sont similaires à celles des autres deals du fonds. Aucune trace de sélection adverse[7].

Mieux encore : un portefeuille de 10 co-investissements buyout surperforme en moyenne les rendements des fonds, net de frais. La surperformance provient de l’économie de frais, pas d’une meilleure sélection des deals.

💡

Ce qu’il faut en retenir pour un investisseur privé

Le débat académique penche désormais en faveur du co-investissement. L’étude de Braun (2020), avec un échantillon cinq fois plus large que celle de Fang (2015), fait consensus dans l’industrie.

🎯 Conditions de succès : diversifier sur un nombre suffisant de deals (minimum 10 en buyout) et travailler avec des GPs réputés, motivés à proposer des opérations de qualité pour préserver leur relation avec les investisseurs sur le long terme.

🔐 Comment accéder au co-investissement en 2026 ?

Le co-investissement direct

Accessible à partir de 1 à 5 M euros par opération. Réservé aux investisseurs disposant d’une relation directe avec un ou plusieurs GPs, et capables de mobiliser une équipe d’analyse pour répondre en 48 à 72 heures. En pratique : family offices, holdings patrimoniales, et investisseurs professionnels accompagnés par un conseil dédié.

Les fonds de co-investissement

C’est le véhicule le plus adapté pour accéder au co-investissement sans les contraintes du direct. Un gestionnaire spécialisé sélectionne les opportunités, réalise les due diligences complémentaires, et construit un portefeuille diversifié (15 à 25 lignes).

Ticket d’entrée : 100 000 à 250 000 euros. Frais : 1 % de gestion + 10-12,5 % de carried[5]. C’est un compromis entre l’économie de frais du co-investissement et la diversification d’un fonds.

L’ELTIF 2.0 : le nouveau véhicule d’accès pour les particuliers

Depuis janvier 2024, le règlement européen ELTIF 2.0 a supprimé le ticket d’entrée minimum de 10 000 euros et le plafond d’allocation à 10 % du patrimoine[8]. Le marché européen des ELTIFs dépassait 20 milliards d’euros d’encours à fin 2024. En France, l’AMF figure parmi les régulateurs les plus actifs avec plusieurs dizaines d’ELTIFs autorisés.

La contrepartie de cette ouverture est la liquidité. Un ELTIF n’a pas de valeur liquidative quotidienne : les rachats passent par des fenêtres contractuelles, souvent ouvertes après plusieurs années de détention, et plafonnées à chaque échéance. Le marché a connu son premier gel en décembre 2025, quand le fonds immobilier Greenman OPEN a suspendu temporairement le rachat de ses parts, les demandes ayant dépassé le seuil prévu au contrat dès le troisième trimestre 2025[12]. Un ELTIF logé dans un contrat d’assurance-vie ne fait pas exception : l’assureur répercute sur l’unité de compte les conditions de rachat du fonds sous-jacent, plafonds et délais compris.

🔥 ELTIF 2.0 en vigueur depuis janvier 2024

Suppression du ticket minimum de 10 000 euros et du plafond de 10 % du patrimoine. Des fonds de co-investissement structurés en ELTIF deviennent accessibles aux investisseurs particuliers, via l’assurance-vie ou en direct. Plus de 20 milliards d’euros d’encours à fin 2024[8].

Les acteurs clés en France

Ardian dispose d’une équipe de co-investissement dédiée avec des tickets de 30 à 300 M$ en participations minoritaires buyout, en Europe, Amérique du Nord et Asie. Sa plateforme de secondaires et primaires lui donne un accès privilégié aux meilleurs GPs mondiaux.

Neuberger Berman a lancé son 5e fonds de co-investissement PE avec un vif succès auprès des institutionnels et family offices français. Son fonds ELTIF PE a collecté plus de 150 M euros.

Bpifrance intervient systématiquement en co-lead ou aux côtés d’un lead, avec un objectif d’intérêt général de financement du tissu économique français.

⚖️ Deux profils, deux stratégies de co-investissement

Cas pratique Cible A : Sophie, 2,5 M euros de patrimoine

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Situation type : première allocation en co-investissement

Profil : Sophie, 48 ans, cadre dirigeante
Patrimoine : 2,5 M euros (60 % immobilier, 30 % PEA-actions, 10 % fonds euros)
Objectif : diversifier 200 000 euros en private equity, horizon 7 ans, sans complexité administrative

Sa solution : souscription à un fonds de co-investissement ELTIF via son assurance-vie luxembourgeoise. Frais du fonds : 1 % de gestion + 10 % de carried. Portefeuille cible : 18 à 22 co-investissements diversifiés en Europe et Amérique du Nord. Son horizon de 7 ans doit tenir compte des fenêtres de rachat de l’ELTIF, que l’assurance-vie ne raccourcit pas.

🎯 Résultat estimé : sur 200 000 euros avec un multiple cible de 1,8x sur 7 ans, gain net d’environ 130 000 euros (TRI net ~9-10 %). À comparer avec un fonds primaire classique (2 % + 20 %) qui aurait produit ~95 000 euros sur le même multiple. Économie de frais : ~35 000 euros, soit près de 2 points de TRI.

Cas pratique Cible B : Marc, 8 M euros de patrimoine

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Situation type : co-investissement direct via family office

Profil : Marc, 55 ans, entrepreneur post-cession
Patrimoine : 8 M euros, structuré via holding patrimoniale (art. 150-0 B ter)
Objectif : accéder directement aux meilleurs deals de ses GPs habituels, 3 co-investissements sur 18 mois

Sa solution : programme de co-investissement direct, négocié via son family office, avec Ardian et deux autres GPs de premier plan. Ticket moyen : 750 000 euros par deal. No fee, no carry.

🎯 Résultat estimé : sur 2,25 M euros investis avec un multiple cible de 2,2x sur 6 ans, gain net de 2,70 M euros (TRI estimé ~14 %). Le même investissement via des fonds primaires aurait produit ~1,95 M euros (TRI net ~8-10 %). Économie de frais : 750 000 euros sur 3 opérations. Le rendement du PE français à fin 2024 s’établit à 12,4 % de TRI net sur 10 ans[9].

⚠️ Point fiscal

La performance nette finale de Marc dépendra des conditions de remploi au sein de la holding (art. 150-0 B ter) et de la fiscalité applicable à la sortie. Le report d’imposition n’est pas une exonération : la plus-value reste due à terme, selon les règles en vigueur au moment du dénouement.

L’erreur à éviter : Marc doit vérifier que ses GPs ne facturent pas de transaction fees ou monitoring fees excessifs au niveau des sociétés de portefeuille. Un GP qui facture 2 % de transaction fee et 2 % de monitoring fee annuel peut récupérer indirectement une part significative de l’économie théorique du « no fee, no carry ».

🎯 L’avis de l’expert

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Le co-investissement est passé d’un privilège réservé aux plus gros institutionnels à un outil accessible dès 100 000 euros. Mais attention au piège du « no fee, no carry » : soyez vigilant sur les frais au niveau de la société de portefeuille, pas uniquement ceux du véhicule de co-investissement.

Les transaction fees et monitoring fees peuvent grignoter 2 à 4 points de TRI sans que vous le voyiez passer. L’autre question clé : êtes-vous capable de répondre en 48h quand une opportunité se présente ? Sans cette réactivité, vous ne verrez que les deals dont personne ne veut.

🎯 Conseil pratique : Vérifiez les frais au niveau de la société de portefeuille (transaction fees, monitoring fees) et évaluez votre capacité de réaction avant de vous engager dans le co-investissement direct.

📌 Points clés à retenir

Le co-investissement en private equity offre un accès à rendement amélioré pour les investisseurs capables de comprendre ses mécanismes et d’accepter ses contraintes.

  • L’avantage frais est réel et documenté : 0 % de gestion et 0 % de carried en direct, 50 % de moins en fonds de co-investissement par rapport aux fonds primaires
  • Le risque de sélection adverse est largement surévalué : les études récentes ne trouvent aucune preuve de « lemons problem » à grande échelle
  • La diversification est votre meilleure protection : visez 10 à 15 co-investissements minimum, ou passez par un fonds de co-investissement
  • L’ELTIF 2.0 change la donne : accès possible dès quelques dizaines de milliers d’euros via l’assurance-vie
  • Vérifiez les frais cachés : le « no fee, no carry » au niveau du véhicule ne signifie pas l’absence de frais au niveau de la société de portefeuille
  • Votre prochaine étape : si vous investissez déjà en private equity, demandez à vos GPs quelles opportunités de co-investissement ils proposent. Si vous débutez, un fonds de co-investissement ELTIF est le point d’entrée le plus adapté

⚠️ Avertissement légal

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les exemples chiffrés sont donnés à titre illustratif et ne constituent pas une promesse de résultat. Le co-investissement en private equity comporte un risque de perte en capital. L’investissement est illiquide sur 5 à 7 ans. Consultez votre conseiller en gestion de patrimoine pour une analyse personnalisée.

📎 Sources

  1. [1] Private Funds CFO / Torys, Co-investment trends in 2025: continuation vehicles, warehousing costs and fees, Torys Quarterly Q3 2025 (82 % des firmes de private equity proposant du co-investissement selon l’enquête Private Funds CFO 2024 ; transaction fees de 1 à 3 % du prix d’acquisition et monitoring fees de 1 à 3,5 % de l’EBITDA). torys.com
  2. [2] PitchBook, Not all co-investors want to die on the fee-free hill (encours mondiaux des fonds de co-investissement supérieurs à 400 Md$, cf. graphique de l’article) (2025). pitchbook.com
  3. [3] Bain & Company, Global Private Equity Report 2025-2026 (2025). bain.com
  4. [4] Cambridge Associates, Six Things to Know About Co-investments (2023). cambridgeassociates.com
  5. [5] Gallagher, The Case for Private Equity Co-Investment Funds (2024). ajg.com
  6. [6] Fang, Ivashina & Lerner, The Disintermediation of Financial Markets: Direct Investing in Private Equity, Journal of Financial Economics, Vol. 116 (2015). ssrn.com
  7. [7] Braun, Jenkinson & Schemmerl, Adverse selection and the performance of private equity co-investments, Journal of Financial Economics (2020). sciencedirect.com
  8. [8] PwC Switzerland / SCOPE Fund Analysis, The Evolution and Future of the ELTIF Structure in the EU (2025). pwc.ch
  9. [9] France Invest / EY, Performance nette du capital-investissement français à fin 2024, TRI net 12,4 % sur 10 ans (Juillet 2025). France Invest – Performance nette 2024 (PDF, juillet 2025)
  10. [10] Citi Private Bank, 2025 Global Family Office Report, septième édition, enquête lancée en juin 2025 auprès de 346 single family offices clients de la banque, dans 45 pays, patrimoine net moyen de 2,1 Md$ : 70 % déclarent une activité d’investissement direct (74 % au-dessus de 500 M$ d’actifs sous gestion contre 67 % en dessous ; 77 % en Amérique du Nord, 57 % en Amérique latine). L’enquête mesure l’investissement direct et ne comporte pas de question sur le co-investissement. privatebank.citibank.com
  11. [11] AFFO / EY, 11e Baromètre de l’AFFO, publié le 25 juin 2026, auprès de family offices représentant 928 familles : le private equity pèse 34 % des allocations en 2025, réparti entre investissement direct (14 %) et investissement via des fonds (20 %), les fonds progressant de 10 points quand le direct recule de 14 points. ey.com
  12. [12] Scope Fund Analysis, ELTIF study 2026 : mass start successful, ELTIF market overview and 2026 outlook, publiée le 16 avril 2026, données au 31 décembre 2025 : premier gel de rachats du marché des ELTIF, Greenman OPEN (immobilier de commerce alimentaire allemand), suspension temporaire en décembre 2025 après dépassement du seuil contractuel de rachats dès le troisième trimestre 2025. Scope précise qu’il s’agit d’un produit converti en ELTIF en 2025, dont les demandes de rachat émanaient d’investisseurs entrés avant ce statut. scopeexplorer.com

🤔 FAQ Détaillée

Toutes vos questions sur le co-investissement en private equity

Quelle est la différence entre co-investissement et investissement en fonds de private equity ?

En fonds primaire, vous confiez votre capital à un GP qui le déploie dans 10 à 15 entreprises de son choix. En co-investissement, vous investissez directement dans une entreprise spécifique, aux côtés du GP, sans frais de gestion ni carried sur la part co-investie.

💡 À retenir : Le co-investissement offre un contrôle accru et des frais réduits, mais au prix d’une concentration plus forte sur une seule entreprise.

Quel est le ticket minimum pour co-investir en private equity ?

En co-investissement direct (aux côtés du GP), le ticket minimum est de 1 à 5 M euros par opération. Via un fonds de co-investissement, le ticket descend à 100 000-250 000 euros. Avec l’ELTIF 2.0, certains véhicules sont accessibles dès quelques dizaines de milliers d’euros.

💡 À retenir : L’ELTIF 2.0 a supprimé le ticket minimum réglementaire, ouvrant le co-investissement à un public beaucoup plus large via l’assurance-vie.

Le co-investissement est-il vraiment sans frais ?

Le co-investissement direct est « no fee, no carry » au niveau du véhicule d’investissement. Mais le GP peut facturer des frais au niveau de la société de portefeuille (transaction fees de 1 à 3 %, monitoring fees de 1 à 3,5 % de l’EBITDA). Les fonds de co-investissement facturent environ 1 % de gestion et 10-12,5 % de carried.

💡 À retenir : Demandez systématiquement le détail des frais au niveau de la société de portefeuille avant de souscrire. Le « no fee, no carry » au niveau du véhicule peut masquer des frais indirects significatifs.

Comment un GP choisit-il les co-investisseurs ?

Le GP privilégie des investisseurs fiables, capables de répondre rapidement (48-72h), avec les ressources internes pour évaluer l’opération. La relation existante (LP du fonds) est un critère déterminant. Les co-investisseurs réguliers et réactifs sont prioritaires.

💡 À retenir : La réactivité est un critère clé. Si vous ne pouvez pas mobiliser une équipe d’analyse en 48h, privilégiez un fonds de co-investissement plutôt que le direct.

Qu’est-ce que la sélection adverse en co-investissement ?

C’est le risque que le GP propose ses deals les moins attractifs aux co-investisseurs. L’étude de Fang (2015) a soulevé cette hypothèse, mais l’étude plus large de Braun (2020) sur 1 016 co-investissements ne trouve aucune preuve de ce phénomène.

💡 À retenir : Le débat académique penche en faveur du co-investissement. Privilégiez des GPs réputés dont la réputation dépend de la qualité des deals proposés à leurs LPs.

Le co-investissement est-il plus risqué qu’un fonds diversifié ?

Un co-investissement unique est plus risqué car concentré sur une seule entreprise. Un portefeuille de 10 à 15 co-investissements, ou un fonds de co-investissement (15-25 lignes), offre une diversification comparable à un fonds primaire, avec des frais inférieurs.

💡 À retenir : La clé est la diversification. Visez un minimum de 10 co-investissements en buyout pour obtenir une performance nette supérieure aux fonds primaires.

Peut-on co-investir via une assurance-vie ?

Oui, certains contrats d’assurance-vie luxembourgeoise (FAS/FIC) et des unités de compte référençant des fonds de co-investissement ELTIF permettent d’accéder au co-investissement via l’enveloppe assurantielle.

💡 À retenir : L’assurance-vie luxembourgeoise offre la plus grande flexibilité pour intégrer du co-investissement PE. Vérifiez les unités de compte disponibles auprès de votre compagnie d’assurance.

Qu’est-ce qu’un fonds de co-investissement ELTIF ?

C’est un fonds de co-investissement structuré sous le règlement européen ELTIF 2.0 (en vigueur depuis janvier 2024). Il bénéficie d’un passeport européen et peut être distribué aux investisseurs particuliers sans ticket minimum réglementaire.

💡 À retenir : L’ELTIF 2.0 est le véhicule le plus accessible pour les particuliers souhaitant accéder au co-investissement PE, avec un cadre réglementaire européen harmonisé.

En combien de temps un co-investissement est-il déployé ?

Le capital est déployé en quelques semaines, au moment du closing de l’opération. C’est nettement plus rapide qu’un fonds primaire (3-5 ans de déploiement progressif), ce qui atténue la courbe en J.

💡 À retenir : Le déploiement immédiat du capital est l’un des avantages structurels du co-investissement. Votre argent travaille dès le premier jour, sans phase de recherche.

Quelle est la performance historique du co-investissement ?

Les études académiques montrent que les rendements bruts des co-investissements sont similaires à ceux des fonds, mais que les rendements nets sont supérieurs grâce à l’économie de frais. Un portefeuille diversifié de co-investissements buyout surperforme les fonds primaires net de frais.

💡 À retenir : La surperformance nette du co-investissement provient de l’économie de frais (2 à 4 points de TRI), pas d’une meilleure sélection des deals par les co-investisseurs.

Comment se passe la sortie d’un co-investissement ?

La sortie intervient quand le GP cède sa participation (introduction en bourse, vente industrielle, secondaire). Le co-investisseur sort au même moment et aux mêmes conditions. L’horizon moyen est de 5 à 7 ans.

💡 À retenir : Vous n’avez pas à négocier votre sortie individuellement. Le co-investisseur bénéficie des mêmes conditions de cession que le fonds principal du GP.

Le co-investissement est-il adapté à un family office ?

Le co-investissement est particulièrement adapté aux family offices, déjà largement engagés dans l’investissement direct : 70 % des 346 family offices interrogés par Citi Private Bank déclarent une activité d’investissement direct, une proportion qui monte à 74 % au-dessus de 500 M$ d’actifs sous gestion[10]. En France, le private equity reste leur première classe d’actifs, à 34 % des allocations en 2025, dont 14 % investis en direct et 20 % via des fonds[11]. Leur capacité d’analyse, leur réactivité et leurs relations directes avec les GPs en font des candidats naturels pour le co-investissement direct.

💡 À retenir : Les family offices sont les acteurs les mieux positionnés pour le co-investissement direct. Leur structure leur permet de réagir en 48-72h et de diversifier sur plusieurs opérations.

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Dernière mise à jour le : 07/09/2026 |